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Lundi 9 avril 2012 1 09 /04 /Avr /2012 06:57

Un texte  toujours d'actualité.

 

arton568.jpg Talents et compétences président donc au tri des candidats africains à l’immigration en France selon la loi Sarkozy dite de « l’immigration choisie » qui a été votée en mai 2006 par l’Assemblée nationale française. Le ministre français de l’Intérieur s’est offert le luxe de venir nous le signifier, en Afrique, en invitant nos gouvernants à jouer le rôle de geôliers de la « racaille » dont la France ne veut plus sur son sol. Au même moment, du fait du verrouillage de l’axe Maroc/Espagne, après les événements sanglants de Ceuta et Melilla, des candidats africains à l’émigration clandestine, en majorité jeunes, qui tentent de passer par les îles Canaries meurent par centaines, dans l’indifférence générale, au large des côtes mauritaniennes et sénégalaises. L’Europe forteresse, dont la France est l’une des chevilles ouvrières, déploie, en ce moment, une véritable armada contre ces quêteurs de passerelles en vue de les éloigner le plus loin possible de ses frontières. Les oeuvres d’art, qui sont aujourd’hui à l’honneur au Musée du Quai Branly, appartiennent d’abord et avant tout aux peuples déshérités du Mali, du Bénin, de la Guinée, du Niger, du Burkina-Faso, du Cameroun, du Congo. Elles constituent une part substantielle du patrimoine culturel et artistique de ces « sans visa » dont certains sont morts par balles à Ceuta et Melilla et des « sans papiers » qui sont quotidiennement traqués au coeur de l’Europe et, quand ils sont arrêtés, rendus, menottes aux poings à leurs pays d’origine. Dans ma « Lettre au Président des Français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général », je retiens le Musée du Quai Branly comme l’une des expressions parfaites de ces contradictions, incohérences et paradoxes de la France dans ses rapports à l’Afrique.

A l’heure où celui-ci ouvre ses portes au public, je continue de me demander jusqu’où iront les puissants de ce monde dans l’arrogance et le viol de notre imaginaire. Nous sommes invités, aujourd’hui, à célébrer avec l’ancienne puissance coloniale une oeuvre architecturale, incontestablement belle, ainsi que notre propre déchéance et la complaisance de ceux qui, acteurs politiques et institutionnels africains, estiment que nos biens culturels sont mieux dans les beaux édifices du Nord que sous nos propres cieux. Je conteste le fait que l’idée de créer un musée de cette importance puisse naître, non pas d’un examen rigoureux, critique et partagé des rapports entre l’Europe et l’Afrique, l’Asie, l’Amérique et l’Océanie dont les pièces sont originaires, mais de l’amitié d’un Chef d’Etat avec un collectionneur d’oeuvre d’art qu’il a rencontré un jour sur une plage de l’île Maurice. Les trois cent mille pièces que le Musée du Quai Branly abrite constituent un véritable trésor de guerre en raison du mode d’acquisition de certaines d’entre elles et le trafic d’influence auquel celui-ci donne parfois lieu entre la France et les pays dont elles sont originaires. Je ne sais pas comment les transactions se sont opérées du temps de François 1er, de Louis XIV et au XIXième siècle pour les pièces les plus anciennes. Je sais, par contre, qu’en son temps, Catherine Trautman, à l’époque ministre de la culture de la France dont j’étais l’homologue malienne, m’avait demandé d’autoriser l’achat pour le Musée du Quai Branly d’une statuette de Tial appartenant à un collectionneur belge. De peur de participer au blanchiment d’une oeuvre d’art qui serait sortie frauduleusement de notre pays, j’ai proposé que la France l’achète (pour la coquette somme de deux cents millions de francs CFA), pour nous la restituer afin que nous puissions ensuite la lui prêter. Je me suis entendue dire, au niveau du Comité d’orientation dont j’étais l’un des membres que l’argent du contribuable français ne pouvait pas être utilisé dans l’acquisition d’une pièce qui reviendrait au Mali. Exclue à partir de ce moment de la négociation, j’ai appris par la suite que l’Etat malien, qui n’a pas de compte à rendre à ses contribuables, a acheté la pièce en question en vue de la prêter au Musée. Alors, que célèbre-t-on aujourd’hui ?

S’agit-il de la sanctuarisation de la passion que le Président des Français a en partage avec son ami disparu ainsi que le talent de l’architecte du Musée ou les droits culturels, économiques, politiques et sociaux des peuples d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Océanie ?

Le Musée du Quai Branly est bâti, de mon point de vue, sur un profond et douloureux paradoxe à partir du moment où la quasi totalité des Africains, des Amérindiens, des Aborigènes d’Australie, dont le talent et la créativité sont célébrés, n’en franchiront jamais le seuil compte tenu de la loi sur l’immigration choisie. Il est vrai que des dispositions sont prises pour que nous puissions consulter les archives via l’Internet. Nos oeuvres ont droit de cité là où nous sommes, dans l’ensemble, interdits de séjour. A l’intention de ceux qui voudraient voir le message politique derrière l’esthétique, le dialogue des cultures derrière la beauté des oeuvres, je crains que l’on soit loin du compte. Un masque africain sur la place de la République n’est d’aucune utilité face à la honte et à l’humiliation subies par les Africains et les autres peuples pillés dans le cadre d’une certaine coopération au développement. Bienvenue donc au Musée de l’interpellation qui contribuera - je l’espère - à édifier les opinions publiques française, africaine et mondiale sur l’une des manières dont l’Europe continue de se servir et d’asservir d’autres peuples du monde tout en prétendant le contraire. Pour terminer je voudrais m’adresser, encore une fois, à ces oeuvres de l’esprit qui sauront intercéder auprès des opinions publiques pour nous.

« Vous nous manquez terriblement. Notre pays, le Mali et l’Afrique tout entière continuent de subir bien des bouleversements. Aux Dieux des Chrétiens et des Musulmans qui vous ont contesté votre place dans nos cœurs et vos fonctions dans nos sociétés s’est ajouté le Dieu argent. Vous devez en savoir quelque chose au regard des transactions dont certaines nouvelles acquisitions de ce musée ont été l’objet.. Il est le moteur du marché dit "libre’’ et "concurrentiel’’ qui est supposé être le paradis sur Terre alors qu’il n’est que goufre pour l’Afrique. Appauvris, désemparés et manipulés par des dirigeants convertis au dogme du marché, vos peuples s’en prennent les uns aux autres, s’entretuent ou fuient. Parfois, ils viennent buter contre le long mur de l’indifférence, dont Schengen. N’entendez-vous pas, de plus en plus, les lamentations de ceux et celles qui empruntent la voie terrestre, se perdre dans le Sahara ou se noyer dans les eaux de la Méditerranée ? N’entendez-vous point les cris de ces centaines de naufragés dont des femmes enceintes et des enfants en bas âge ? Si oui, ne restez pas muettes, ne vous sentez pas impuissantes. Soyez la voix de vos peuples et témoignez pour eux. Rappelez à ceux qui vous veulent tant ici dans leurs musées et aux citoyens français et européens qui les visitent que l’annulation totale et immédiate de la dette extérieure de l’Afrique est primordiale. Dites-leur surtout que libéré de ce fardeau, du dogme du tout marché qui justifie la tutelle du FMI et de la Banque mondiale, le continent noir redressera la tête et l’échine. »

Aminata TRAORE 
Essayiste et ancienne Ministre de la culture et du Tourisme du Mali

mardi 27 juin 2006.
Par transit. la courte échelle - Publié dans : Lu
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Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 08:19

 

Samedi 14 avril 2012 de 14h à 18h

 

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La compagnie invite l’école maternelle Parmentier à présenter les Grands Ateliers de 1994 à 2012 avec l’artiste Muriel Modr. Une aventure en création depuis la maternelle Korsec. 

Invitation à goûter 

Ce rendez-vous, rencontre entre les familles, l’école, la compagnie et ses voisins vient d’un livre journal "Tresser-Tisser" que nous remettrons aux enfants-auteurs.

 

la compagnie, 19 rue francis de pressensé 13001 marseille 04 91 90 04 26

Par transit. la courte échelle - Publié dans : Agenda
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Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 22:34
la compagnie, 19 rue francis de pressensé 13001 marseille | 04 91 90 04 26
www.la-compagnie.org | info@la-compagnie.org

 

 

Sur une proposition de la courte échelle/éditions Transit 
Avec la participation de la librairie Transit

Jeudi 19 avril 2012 à 19h 
Deux documentaires, 
entrée libre

IM_200-3.jpeg Frantz Fanon, une vie, un combat, une œuvre de Cheikh Djemaï 

Martinique/France/Algérie/Tunisie 
2001 - 52’ - Vidéo

Frantz Fanon est né en Martinique, Il est mort à 36 ans dans un hôpital de Washington DC. Frantz Fanon était un psychiatre, un écrivain et un révolutionnaire dont les livres et les écrits ont marqué des générations de personnes partout dans le monde.

Frantz Fanon, mémoire d’asile de Abdenour Zahzah 
France, Algérie / Documentaire / 2002 / 52’ / Vidéo / Couleur / VOST / français

Portrait du psychiatre et théoricien révolutionnaire Frantz Fanon, à partir des archives de l’hôpital et des registres d’entrées de l’HP, des suivis des patients et des notes cliniques de Fanon. Premier film du réalisateur.

Table - librairie : Librairie associative Transit

la compagnie, 19 rue francis de pressensé 13001 marseille | 04 91 90 04 26
www.la-compagnie.org | info@la-compagnie.org

Par transit. la courte échelle - Publié dans : Projections
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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 22:33

L'association ZARI et radio Galère s'associent à la KUIZIN pour vous
inviter à la projection débat autour du film documentaire de Fatima
Sissani
LA LANGUE DE ZAHRA
Cette projection aura lieu le samedi 10mars 2012  à 18h30 au 
Polygone étoilé situé au 1 rue Massabo 13002 Marseille

ZAHRA-marseille-10-mars--1-.gif

Par transit. la courte échelle - Publié dans : videos
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Mercredi 7 mars 2012 3 07 /03 /Mars /2012 17:25
“Diwan Ghazza” et le club de lecture de Gaza

 

Yasmeen El Khouadry - Global Voices
publié le samedi 3 mars 2012.

 

Il est très étonnant de voir que les gens sont surpris d’apprendre qu’il y a un club de lecture à Gaza, mais je pense que c’est exactement pour cette raison que nous avons entrepris “Diwan Ghazza”. Laissez moi vous raconter notre histoire.

Un groupe de mes amis et moi-même en avions assez du regard du monde sur Gaza (avec les médias qui souvent mettent en avant les aspects négatifs de la vie ici) et ne tiennent pas compte de l’autre face : l’historique, le beau, l’instruit, l’inspirant. Nous avons décidé que Gaza est aussi louable que les autres villes, et le fait que nous avons vécu tant d’expériences devrait être porté à notre crédit. Gaza produit des penseurs, et la chose qu’elle leur enseigne est qu’ils doivent penser par eux mêmes. Il n’y a pas de centres culturels, théâtres, cinémas ou bibliothèques avec des ouvrages récents à Gaza, mais cela n’allait pas nous retenir.

Donc nous avons décidé de faire du remue-méninges, de donner notre temps et notre énergie pour former un groupe auquel nous serions fiers d’appartenir. En fait, c’est drôle, quand les gens nous demandent ce qu’est ”Diwan Ghazza”, ils ne comprennent pas quand nous répondons, “nous sommes un groupe d’amis qui sont intéressés par le savoir et la promotion de l’image de Gaza dans le monde”. Pourquoi ne pouvons-nous pas être une société enregistrée ou une ONG ?! Pourquoi est-ce que nous ne demandons pas de financements ?! Pourquoi n’avons nous pas de bureau !?

Mais “Diwan Ghazza” est plus simple que ça. Nous ne voulons pas être assujetis aux régulations ennuyeuses auxquelles font face les ONG ou donateurs. Pourquoi chercher à être “officiellement enregistrés” et demander des subventions quand nous pouvons réaliser de grandes choses sans argent ?

Notre première activité a été le premier Tweet-Up (rencontre de twitternautes) de Gaza en juillet 2011, qui rassembla environ 30 twitternautes de Gaza, plusieurs d’entre eux se rencontrant pour la première fois. Nous avons discuté de plusieurs choses, allant de notre responsabilité en tant que twitternautes de Gaza aux activités futures de Diwan. Plus tard, nous avons organisé un entretien sur Twitter avec Frode Mauring, le représentant spécial de l’administrateur des territoires palestiniens occupés. Nous avons aussi organisé plusieurs rencontres entre des jeunes activistes de Gaza et le PNUD (Programme des Nations unies) et d’autres diplomates, y compris une mission diplomatique et culturelle de la Suède.

Simultanément, en juillet 2011, je suis devenue la coordinatrice à Gaza de l’excellent Palestine Writing Workshop (Atelier d’écriture de la Palestine). Nous avons organisé plusieurs ateliers d’écriture sur Internet (généreusement organisé par le British Council), qui ont attiré des étudiants et des professionnels. Ils ont largement bénéficié des expériences d’auteurs de renom du monde entier. Plus tard, nous avons lancé le club de lecture de Gaza avec la lecture de deux romans : “Zabelle” de Nancy Kricorian et “The Road from Damascus” de Robin Yassin-Kassab. Nous avons aussi eu une discussion approfondie sur Zabelle avec Nancy Kricorian après avoir lu le roman, et nous avons hâte de nous entretenir avec Robin Yassin-Kassab !

Notre groupe a commencé à s’élargir, et de plus en plus de gens se sont intéressés à Diwan Ghazza et aux réunions du club de lecture. Mais nous ne voulions pas nous limiter aux livres anglais ou aux romans, ou à un petit nombre de gens. Nous n’avions pas non plus l’option d’une bibliothèque bien achalandée. Donc, nous avons décidé de former le Club des échanges de livres du Diwan Ghazza Club. Et nous l’avons fait.

Notre première rencontre était en janvier, 18 personnes y ont participé et ont échangé plus de 25 livres, allant de livres sur l’histoire chrétienne de Gaza à Charles Dickens, à Sahar Khalife ; il y avait une jolie collection de livres. Nous nous sommes rencontrés encore la semaine dernière, avec plus de participants et plus de livres (nous ne les avons pas comptés, mais il y en avait beaucoup). Cette fois-ci, la collection comprenait les poèmes d’Ahmed Matar, des livres récents sur la révolution égyptienne, et ceux de Paulo Coelho. Même si nous avons échangé les livres, une énorme pile est restée sur place. Heureusement, l’hôtel Almat’haf a offert d’héberger notre mini-bibliothèque dans le centre d’affaires de l’hôtel. Quiconque est intéressé peut se rendre sur notre rayon virtuel sur Good Reads mais à la seule condition que vous laissiez un avis sur nos livres !

Ce faisant, nous construisons petit à petit un modèle pour démontrer que BEAUCOUP peut être fait à Gaza sans aucun argent demandé à l’extérieur. Tout ce dont vous avez besoin est un engagement sincère et d’ intérêts partagés. J’espère avoir répondu à vos questions sur Diwan Ghazza, notre club de lecture et sur comment nous essayons de relever notre Gaza, auquel Choricius de Gaza (491-518) [fichier numérique] a jadis appartenu, et où il a établi l’école de rhétorique de Gaza - un phare de la connaissance à la fin de l’Antiquité !

A propos de Diwan Ghazza : nous sommes un groupe d’amis qui essayons de donner au monde une meilleure image de Gaza (une image de la réalité, mais qui a été ignorée pendant trop longtemps), en donnant accès au savoir et en donnant un lieu où les jeunes peuvent parler du visage oublié de Gaza. Quant à notre nom, “diwan”, dans la culture palestinienne, c’est le lieu où les membres de la famille et les amis se rencontrent pour parler et discuter des problèmes. Notre “Diwan” est un lieu pour discuter et échanger les idées, les pensées et la connaissance. Pour plus d’information, visitez notre site web, et la page Facebook.

Notre équipe est composée de 5 Palestiniens actifs de Gaza : Ola Anan, Jehan Al Farra, Bashar Lubbad, Omar Ghraieb, et Yasmeen El Khoudary.

Billet publié en premier lieu sur le blog de Yasmeen, Gaza, out of the blue

Source : http://fr.globalvoicesonline.org/20...

Source française : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11607

Par transit. la courte échelle - Publié dans : Lu
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