Mardi 4 septembre 2007
Comme les années précédentes la courte échelle / éditions transit disposera d’un stand à Lire en fête à Marseille les 20 et 21 octobre 2007 au Parc Chanot.
Vous y trouverez les ouvrages publiés par nos éditions et plus particulièrement nos deux dernières publications « D’un seuil à l’autre – perspective sur une chambre avec ses habitants » Martine Derain et Dalila Mahdjoub autour de la construction d’une résidence Sonacotra dans le quartier Belsunce « Petite archéologie contemporaine » Muriel Modr autour du chantier de la BMVR l’Alcazar, réalisé avec les élèves de l’école Parmentier.

Samedi 20 à 17h - Lectures par Martine Derain et Muriel Modr. Salle de conférence.
par La courte échelle/éditions transit publié dans : Salons et fêtes du livre
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Mardi 19 juin 2007
Le Baobab géant au milieu du fleuve s’est affaissé

Article Par Ousmane BADIANE, Professeur de lettres,

Paru le Vendredi 15 Juin 2007 sur http://www.lobservateur.sn/

Personnellement, je n’ai pas eu le bonheur de l’avoir connu ni même de l’avoir approché. Certaines personnes qui ont eu ce privilège disent de lui qu’il était un homme auprès de qui on ne s’ennuyait jamais, tant son expérience de la vie et des choses était immense. Le moins que l’on puisse dire, c’est que tous ceux qui sont allés à l’hôpital Principal, à la levée du corps, ou au cimetière musulman de Yoff, ce 11 juin 2007, garderont un souvenir inoubliable de la marée humaine indescriptible qui a tenu à l’accompagner à sa dernière demeure. S’il en est ainsi, c’est que Sembène Ousmane, de son vivant, était déjà une légende, et une figure emblématique de la littérature et du cinéma africains.

 Impossible de compter les Mémoires, les Etudes et les Thèses qui ont été consacrées à son œuvre traduite dans plusieurs langues et enseignée dans les programmes scolaires et académiques de plusieurs pays du monde et de la diaspora. A l’image de Senghor, Césaire, Cheikh Anta Diop et tant d’autres intellectuels de sa génération, l’homme Sembène est entré dans le panthéon de l’histoire de par son œuvre multidimensionnelle et d’une richesse prodigieuse, au service de la libération culturelle et politique de l’Afrique.  On ne sait même pas par quel bout commencer pour parler de cet homme « rebelle », qui avait une haute conscience de sa mission d’homme de culture et de pédagogue, pour faire prendre conscience aux Africains de l’impérieuse nécessité de se ceindre les reins, pour se soustraire aux pesanteurs de toutes sortes, afin de se hisser dans le firmament de ce qui fait la grandeur des hommes et des peuples, c’est dire les valeurs de progrès, de démocratie et de justice sociale. Et toute sa vie durant, Sembène Ousmane a fait de ce credo le sens profond de son combat qu’il n’a cessé de mener jusqu’à son dernier souffle. C’est là, assurément, pour les générations présentes et futures, des traits de lumière tracés dans les sillons profonds de la terre africaine, d’où germeront les graines de l’espoir et de la renaissance d’une Afrique longtemps reléguée au second plan dans le grand concert des nations. La richesse de l’œuvre de Sembène provient, d’une part, du fait qu’elle s’arc-boute sur le vécu quotidien de celui qui se considérait comme « l’homme au 12 métiers », pétri et forgé par une expérience prodigieuse qui lui a permis d’avoir été aux quatre coins du monde, d’avoir observé et écouté des gens de toutes sortes, appartenant à des contrées, des cultures et civilisations différentes. Mais la richesse de l’œuvre de Sembène provient également et surtout du fait que celle-ci fait corps avec les préoccupations et aspirations de son peuple dont il est partie intégrante et au service duquel il a entièrement consacré et son énergie et son intelligence.

 De son premier film Borom Sarrete (1963) au dernier Moolaadé (2003), en passant par la Noire de …… (1966), Xala (1974), le Camp de Thiaroye (1987), Guelewaar (1992), à son premier roman, Le docker noir (1956) à son dernier livre Niiwaan, suivi de Taaw (1987), en passant par les Bouts de bois de Dieu (1960), l’Harmattan (1964), le Mandat (1965), le Dernier de l’Empire (1981), entre autres ouvrages, Sembène Ousmane s’est servi toute sa vie durant, de sa plume comme de sa caméra, comme d’un levier essentiel pour combattre l’oppression, l’injustice, l’exploitation de l’homme par l’homme, mais aussi toutes les formes d’aliénation mentale et culturelle. Voilà ce qui fait l’importance et l’actualité de son œuvre tant littéraire et cinématographique. Et il ne fait l’ombre d’aucun doute que celle-ci continuera encore longtemps de scintiller dans le ciel de la littérature et du cinéma africains, en ce qu’elle constitue une oasis dans laquelle l’on ne cessera jamais de s’abreuver et de se rafraîchir.

Mais, ce serait considérablement limiter la portée de l’œuvre de Sembène, si on devait la réduire uniquement à cela. Effectivement, l’auteur de Emitaï (1971) va bien au-delà de cela. Rien de ce qui est humain ne lui est étranger, et par delà l’Afrique et les Africains, cette œuvre s’adresse à tous les hommes en ce qu’elle aborde des problèmes relatifs à la « condition humaine », pour reprendre l’heureuse formule du célèbre écrivain français André Malraux. C’est cela qui fait sa dimension authentiquement universelle et sa signification profondément humaine. Plus qu’un reflet des préoccupations de sa société et de son temps, l’œuvre de Sembène apparaît incontestablement comme un miroir de notre époque et de ses contradictions, de ses interrogations comme de ses angoisses, mais aussi de son espérance et de sa foi en l’être humain. Voilà sans doute ce qui fait que Sembène peut être considéré à juste titre comme citoyen du monde et comme bâtisseur d’une Afrique unie, solidaire et résolument engagée dans le chemin de la démocratisation et du progrès socio-économique.

 Mais le succès de Sembène Ousmane ne réside pas uniquement dans le fait qu’il est homme engagé. Il est certes engagé sans aucun doute, mais cet engagement est servi par une maîtrise parfaite des procédés techniques et artistiques qui donne à l’art toute sa signification. Et toute sa production littéraire et cinématographique prouve que Sembène a toujours été soucieux de ce qu’il a à dire, mais aussi et plus fondamentalement, il accordait la plus haute importance à la manière de dire ce qu’il avait à dire. Et tous ceux qui ont eu à collaborer avec lui, dans le cadre de sa production cinématographique, ont évoqué la rigueur avec laquelle il travaillait, accordant la plus haute importance à la dimension esthétique de son œuvre. Exigeant, il l’était avec ses collaborateurs, mais aussi et surtout avec lui-même. Et dans cette perspective, on peut affirmer sans risque de se tromper que l’œuvre de Sembène Ousmane restera à jamais dans les annales de l’histoire de la culture africaine, car comme tout le monde le reconnaît, ce digne fils lébou est un authentique et éminent éveilleur de consciences et un monument de la culture africaine.

 Sembène Ousmane a été à la fois acteur et témoin de son époque. De son œuvre littéraire comme cinématographique, nous pouvons tirer trois leçons majeures qui constituent des repères pour la jeune génération en quête des valeurs susceptibles de l’orienter dans le chemin de la persévérance dans l’effort, de l’abnégation, et de la volonté de surmonter les écueils qui se dressent sur la route du développement de l’Afrique.

 La première leçon est une leçon de courage politique et d’engagement citoyen. Que d’obstacles et d’épreuves l’auteur des Bouts de bois de dieu (1960) n’a-t-il pas surmontés dans son combat contre le colonialisme, le néo-colonialisme, et toutes les formes d’oppression et d’exploitation de l’homme par l’homme. Sembène a contribué au combat pour l’émergence d’un leadership africain au service de la libération culturelle et du développement durable de l’Afrique. La deuxième leçon est une leçon d’humanisme, en ce qu’elle vise à magnifier les valeurs positives qui permettent à l’homme de se réconcilier avec lui-même et avec sa société. Malgré les nombreuses distinctions et décorations qui lui ont été décernées à travers le monde, Sembène est toujours resté égal à lui-même, humble et confiant au devenir de l’Afrique. Dans un entretien accordé au journaliste Burkinabé Yacouba Traoré, en marge du tournage de son dernier film Moolaadé (2003), Sembène Ousmane, disait : « c’est à nous de créer nos valeurs, de les reconnaître, de les transporter à travers le monde, mais nous sommes notre propre soleil » (le Quotidien, du lundi 11 juin 2007). Voilà qui renseigne bien sur cet homme anti-conformiste, qui avait horreur qu’on l’enfermât dans des formules qui aliènent son indépendance de pensée et d’action. Sembène a toujours cru à l’Afrique, à son potentiel et à son devenir.

 Enfin, la troisième et dernière leçon que Sembène nous a administrée, c’est celle de la générosité et du partage. Et dans une confidence avec le journaliste Baba Diop, le 06 décembre 2006 à Dakar, au sujet de son film Almamy Samory Touré, sur lequel il avait travaillé des années durant et qui devait constituer la dernière production dans sa carrière cinématographique, le doyen du cinéma Africain a déclaré : « Il ne faut pas se laisser brider par les choses. Je ne veux pas me laisser brider. Le scénario existe avec toutes les indications dessus. Tout le monde le sait. Si je ne le fais pas quelqu’un d’autre le fera. Pourquoi veux-tu que ce soit moi ?. Moi, moi, moi cela ne mène qu’à la dictature » (Sud quotidien du lundi 11 juin 2007).

 Ainsi, à la lumière de ces propos qui illustrent de façon saisissante l’esprit de générosité et de partage qui on toujours habité le père fondateur du FESPACO, on peut dire que l’œuvre littéraire comme cinématographique de Sembène est gravé à jamais dans les pages des annales de l’histoire Africaine et universelle.


par Ousmane BADIANE, publié dans : Lu
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Dimanche 22 avril 2007
Bonjour,

En novembre 2007, les Instants Vidéo vont célébrer leur 20e édition.
Nous souhaitons plus que jamais que cet événement soit poélitique.
C'est ainsi que nous serons fidèles au grand poète électronique Gianni Toti.
C'est ainsi que nous saluerons l'intime puissance poétique de Thierry Kuntzel.
Janvier pour l'un, avril pour l'autre : comment apprendre à devenir orphelin sans abandonner la force de combattre pour une révolution poétique ?
C'est ainsi que nous témoignerons de notre estime aux Palestiniens que nous avons rencontrés en mars à Gaza, Ramallah et Jérusalem. Que peut un geste artistique contre un mur ?

Nous avons décidé d'organiser un Congrès des artistes vidéo et poètes non alignés (sur les critères du marché).
Le 17 novembre à la Friche la Belle de Mai (Marseille).

Vous trouverez ci-joint un texte d'intentions. Amendable.
Nous rêvons cette rencontre indisciplinée, vivante et vibrante.
Nous rêvons des interventions théoriques, poétiques, politiques. Que des voix, des corps et des images s'élèvent !
Nous comptons sur votre participation.
Des mots écrits ou dits.
Des images (photos ou vidéo).
Des corps qui jaillissent.
Votre présence.
Votre désir.
Votre amitié féroce ou caressante.

Contre les armes de distractions massives
Osons les caresses d’innovations intimes


Instants Vidéo Numériques et Poétiques
BP 100 42
13243 Marseille Cedex 01
administration 04 91 31 86 25
administration@instantsvideo.com
Marc Mercier 06 64 16 96 30
www.instantsvideo.com

Les 20es Instants Vidéo présentent
en novembre 2007 à Marseille

1er Congrès des artistes vidéo et poètes non alignés
(sur les critères du marché)

Où nous agirons
« par petites touches excessives* »


« Mettre à l’abri toutes les images du langage et se servir d’elles,
car elles sont dans le désert, où il faut aller les chercher. »
Jean Genet


Comment libérer le regard, l’oreille, l’œil, la langue?
Une image est-elle encore possible dans un monde accaparé par les marchands de visuels dont la principale fonction est de nous aveugler, de nous rendre étrangers à nous-mêmes ?
Le langage est-il le champ de la dernière bataille envisageable : la révolution poétique ?

Nous vivons sous occupation.
L’ordre marchand est en train de totalement imprégner le moindre de nos comportements. Chaque individu contaminé par l’idéologie marchande est candidat au sacrifice de sa vie, de sa liberté, de sa faculté de penser, pour acheter l’illusion de sa sécurité. Il accepte de ne plus compter pour lui-même si, en échange, les responsables, les dirigeants de ce système et leurs collaborateurs le comptent parmi les gens utiles à la bonne marche de la machine à faire du profit.
Les autres, l’immense majorité de l’humanité, ne sont que des laissés-pour-compte, des rebuts humains, des victimes que quelques élans de compassion mediatisée, quelques murs ou quelques « frappes chirurgicales », peuvent tenir en respect.
Afin de jeter un voile sur l’avant scène de cette cruauté —car le capitalisme peut encore s’offrir le luxe de la pudeur— les politiques distribuent d’une main quelques deniers pour encourager des projets sensés favoriser la « rencontre des cultures », et de l’autre investissent des sommes considérables pour les forcer à se dissoudre dans la culture mondiale de la société de marché.
Le concept même « d’exception culturelle » est douteux, puisqu’en défendant le principe selon lequel la culture ne doit pas être traitée comme une marchandise qui subit la loi impitoyable de l’offre et de la demande, il entérine le fait que le reste — le pain, l’air, l’eau, l’habitat, la force de travail— peut être sacrifié sur l’autel de la concurrence.
Il n’est pas un espace de notre humaine condition qui ne doit être la cible d’une pensée critique. A commencer par une critique du langage qui est le lieu « où se manifeste le mieux les pouvoirs » (Jean-Paul Curnier). En adoptant cette posture, nous ne faisons que marquer notre intime connivence avec le Maître de la poésie électronique, Gianni Toti, qui a lutté toute sa vie contre les idées-images reçues. Un combat exemplaire qui n’a jamais séparé ce qui est de l’ordre du politique et du poétique.
Il convient donc de nous interroger sur ce que pourrait être non pas une « rencontre des cultures », mais une « culture des rencontres ». Il s’agit de penser les conditions matérielles et amicales indispensables pour occasionner une hospitalité partagée. Il s’agit de repérer et savourer l’endroit où deux êtres, deux communautés, exercent le mieux leur souveraineté.
Pas de pitié pour les femmes et les hommes qui résistent contre les forces qui les oppriment, contaminent leurs rivières ou leurs pensées, occupent leurs espaces physiques ou mentaux. Pas de pitié pour les travailleurs argentins qui récupèrent des usines en y intégrant des centres culturels. Pas de pitié pour les Palestiniens qui luttent pour retrouver la maison et l’olivier de leur enfance. Pas de pitié pour les poètes qui inventent un langage débarrassé des avatars de la communication de masse toute puissante… La pitié est l’arme des nantis pour tenir en respect les plus pauvres et ne pas respecter le droit de chacun à résister, à exister, à ré-exister. Celui qui outrepasse sa position de victime est un « délinquant », une « racaille », un « terroriste ». Il trahit l’amour que lui voue ou lui promet son maître.
Les poètes sont des maîtres sans esclaves.

Depuis 20 ans, les Instants Vidéo se sont mis en tête qu’un poème électronique (ou numérique) peut être un acte d’insoumission, une levée de boucliers contre le décervelage systématique engendré par une machine bien rodée qui recycle en objets de consommation toute pensée politique, toute aspiration à disposer de soi-même, toute rébellion, toute production artistique en marge des institutions…
Là où règnent la haine, la tristesse, le mépris, la compassion, nous avons toujours rencontré des femmes et des hommes qui s’acharnent, malgré tout, à faire entendre un chant d’amour, leur gai savoir d’être encore des humains. Ils n’ont que faire d’être des porte-parole, car seul importe d’avoir une parole qui porte.
Ils se sont emparés d’une caméra pour dessiner les contours poreux, imprécis, vibrants de leurs rêves d’humanité, d’êtres souverains et libres.
Nous les avons rencontrés dans les usines « récupérées » d’Argentine, derrière les murs de la Palestine enchaînée, parmi les ruines du Liban ou des Balkans, dans les quartiers populaires du Maroc, dans la prison de Marseille… Partout où des humains osent encore exercer leur intelligence sensible par petites touches excessives.
Ils sont l’art contemporain de nos rêves engendrés par un futur rendu désirable.


Contre les armes de distractions massives
Osons les caresses d’innovations intimes


Les Instants Vidéo
Instants Vidéo Numériques et Poétiques
BP 100 42
13243 Marseille Cedex 01
administration 04 91 31 86 25
administration@instantsvideo.com
www.instantsvideo.com


* « par petites touches excessives » est le titre d’un vidéo poème de Marie Herbreteau.




par La courte échelle/éditions transit publié dans : Nos expositions
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Mardi 3 avril 2007

D'un seuil à l'autre [Perspective sur une chambre avec ses habitants]












7 € (port gratuit)
ISBN 2-9519346-9-6



D'un seuil à l'autre [Perspective sur une chambre avec ses habitants] est un projet de Dalila Mahdjoub [conception du premier projet] et Martine Derain [second projet et publication]**, qui propose un «agencement» de regards et de formes autour de la construction d'une résidence sociale Sonacotra à Belsunce, au centre de la ville. Créée par l'Etat en 1956 et destinée à loger temporairement les travailleurs algériens, la Sonacotra - Société Nationale de Construction pour les Travailleurs Algériens - devenue Adoma en 2007, ouvre désormais ses portes, provisoirement toujours, à ceux qu'on appelle «les plus démunis».

D'un seuil à l'autre, c'est un temps de recherche, de multiples rencontres. Au tout début, avec Gilles Ascaride, sociologue et écrivain, auteur avec Salvatore Condro de Précarité à tous les étages, thèse sur les conditions de logement des travailleurs aujourd'hui retraités. Une lecture de l'un de ses textes alors inédit, Attention Centre-Ville* a eu lieu à la Compagnie, atelier d'artistes installé à Belsunce, et dans lequel ce projet a été initié en 2003. Remployant des fragments de sa thèse sous une forme comique, il pose des questions graves: «A qui appartient la ville ? la cité en général ? Certains peuvent-ils en disposer et pas d'autres? Y a-t-il des habitants illégitimes ?» Rencontre avec les membres du Copaf, Comité pour l'avenir des foyers, recherche des traces du passage des travailleurs à l'ATOM (Aide aux Travailleurs d'Outre-Mer) ou dans les archives de la Sonacotra, rencontres avec des vieux messieurs de Belsunce et les ouvriers pendant la construction de la résidence, présentations publiques du projet à la Compagnie... Enfin, très récemment, rencontre avec Grégoire Keussayan, photographe à Belsunce, qui depuis les années 50, a photographié les travailleurs vivant à Marseille. Nous avons ensemble alerté les Archives Municipales, des centaines de plans-films ont été acquis et seront préservés : des centaines de photographies précieuses, mises en scène par les travailleurs eux-mêmes, qui envoyaient ainsi de leurs nouvelles à leur famille restée au pays.

D'un seuil à l'autre, c'est une installation pérenne
: sur le seuil de la résidence, au     35 de la rue Francis de Pressensé - là où les hôtes souhaitent la bienvenue, où les choses     se renversent, dit un proverbe kabyle - nous avons enfoui deux portes de chambres du     premier foyer construit en France, le Parc à Argenteuil, deux portes enfouies mais qui affleurent à la surface. C'est une balise temporelle : une porte grande ouverte pour le travail, en 1956 - «La seule porte, c'était la France», dit un résident. Une porte se refermant, entr'ouverte, 1974, la suspension des autorisations de travail pour la main d'œuvre étrangère: «On ne met personne à la porte, mais on ne laisse plus la porte grande ouverte comme auparavant...», dira Monsieur Stoleru en 1977... Et comme en regard de cet enfouissement, c'est une publication, qui reprend les informations de l'unique registre de Parc : longues listes des numéros de chambres et des métiers de ceux qui, venus à 20 ans de M'Sila et de Sétif, de Ghardaïa ou d'Oujda, ont vécu quelques jours ou toute une vie entre les portes de ce «logement provisoire pour travailleurs provisoires». Histoires individuelles et histoire collective se croisent dans ces listes ici publiées comme une question à partager. Le Parc 2 - c'est le nom que nous avons proposé à la Sonacotra pour sa résidence - contient l'histoire de Parc, le premier foyer nous mène à la dernière résidence : une porte s'ouvre et c'est un logement provisoire encore, «une solution d'attente», cette fois pour des gens qui n'ont pas de travail et sans distinction d'origine. L'attente d'un chez-soi, qui seul permet d'être dans le monde en face des autres, l'attente d'une maison ? un coin du monde ? pour habiter la ville et la cité. Des maisons pour les chômeurs et les manœuvres et les ouvriers ? Attendre?

Martine Derain

Projet initié à la Compagnie, 19 rue Francis de Pressensé [dans le cadre d'un dispositif de la Direction de l'Architecture et du Patrimoine géré par HorsLesMurs] et portée par l'association commune, avec le soutien du FASILD et de la Drac-Paca [Identités, parcours & mémoire], de la Compagnie, de la Ville de Marseille et de la Politique de la Ville. La Sonacotra a accepté le projet et s'est engagée sur la vie de l'œuvre | 2003-2007

*Nous avons soutenu la publication de «Attention Centre-Ville» aux Editions L'Ecailler du Sud en mai 2005.
**Pour plus d'information sur le projet : http://www.documentsdartistes.org
Voir plus de photos

D'un seuil à l'autre [Perspective sur une chambre avec ses habitants] est publié par la courte échelle/éditions transit 4 rue Barbaroux 13001 Marseille

Pour se procurer ce livre :

par correspondance : La courte échelle 4 rue Barbaroux (contre un chèque de 7€)
Disponible à Marseille auprès de :

Librairie Histoire de l'œil 25, rue Fontange, 13006 Marseille
Librarie l'Ecailler 2 rue Barbaroux 13001 Marseille
Librairie Païdos 54 cours Julien 13006 Marseille
Librairie Regards, centre de la Vieille Charité 13002 Marseille
Monnaie de singe 46 rue Consolat 13001 Marseille



par La courte échelle/éditions transit publié dans : Dernières parutions
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Jeudi 1 mars 2007
Soft occupation is impossible
4mn.38s


Soft occupation is impossible
Vidéo envoyée par courtechel
Camp de réfugiés de Jabalia les 10 et 20 mai 2003
Rencontre avec Maissa étudiante bénévole dans les centres de loisir et d’éducation avec les enfants elle parle français elle traduit.... tout. Les enfants se présentent ils dessinent leur vie quotidienne


Une place pour jouer
41s


Une place pour jouer
Vidéo envoyée par courtechel

Vendredi Rafah 16 mai 2003

Rafah. Sud de la Bande de Gaza.
Mohamed étudiant à Gaza retournait tous les vendredi sur cette place jouant avec les enfants voisins près de la maison de ses parents lorsque les check points le laissaient passer .


Entre les mots et le silence
6mn.34s

Entre les mots et le silence
Vidéo envoyée par courtechel


19 mai 2003. Camp de réfugiés de Nouseirat.
Bande de Gaza
Des jeunes palestiniens rencontrés au centre culturel Afaq Jadida: nouvel horizon ,  avec la complicité de Wissam

Nous resterons
1mn.17s

Nous resterons
Vidéo envoyée par courtechel

Khan yunis 24 mai 2003
Les enfants continuent à occuper la rue avec leurs cerfs volants de fortune

Traduire
2mn.27s
bande vidéo silencieuse.


Traduire
Vidéo envoyée par courtechel

Bande de Gaza. mai 2003
mot à mot rouge comme le coquelicot entrant et sortant du noir


Comment traduire destructions
6mn.21s



Comment traduire destructions
Vidéo envoyée par courtechel

14 mai 2003 Camp de réfugiés de Khan Yunis
Dans la nuit du 13 mai 2003 l’armée israélienne est rentrée dans le camp avec chars et bulldozers détruisant 62 maisons. Le matin les Palestiniens qui ont du quitter leur habitation pendant la nuit constatent les destructions des maisons et le son de la vie aussi anormalement silencieux souligne celui des pas dans les débris. Les enfants partent vers l’école
par Muriel Modr publié dans : videos
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