Vendredi 14 septembre 2007
De la photocopie à l'imprimerie cette édition  reprend les textes de Petite archéologie et  un cahier de reproductions dessins fac-similé et photographies.







          
Confrontés à un grand trou dans leur quartier les enfants et leurs professeurs vont observer la transformation  des repères, le chantier des fouilles, puis bâtie sur l’enfoui la construction de la future bibliothèque, la maison des livres dans le quartier Belsunce à Marseille. Entre deux, avant que ne soit coulée la première chape, sous l’emplacement de la grande grue ils enterrerons leur secret, leur trésor.
Dessus Dessous, la mesure et la démesure avec la complicité des archéologues, des maçons, des parents et des aides maternelles, de La compagnie à proximité du chantier et de l’école pour deux expositions en juin 2000 et 2001
Cette édition imprimée présente une sélection parmi les notes dessins, photocopies et photographies pour une lecture en 2007 d’une Petite archéologie contemporaine de 1999 à 2004 dans le Quartier Belsunce à Marseille autour des fouilles puis de la construction de la grande bibliothèque régionale Alcazar par Muriel Modr, artiste, avec les enseignants Bernard Bésinet et Dominique Leclerc classes moyens et grands et la participation pour le trésor et autres incursions  des classes de Marie, Nathalie, Gentiane, Noêlle, Roseline,  Marie-France, Laurence, des  aides éducatrices ainsi que Colette gardienne de l’école maternelle Parmentier.

Dessus-Dessous les trottoirs l’école les magasins les parkings les gares les maisons de l’eau qui coule et des pierres et du feu et de la terre et des fourmis et des racines qui ressortent dans les murs des maisons anciennes qui dépassent un peu et quand on lève la tête on voit les bras des grues qui se déplacent entre les toits dessus. C’est le même endroit mais il se modifie sans cesse et les enfants aussi et notre projet en inventant nos outils au fur et à démesure mesure enregistre fouille superpose ces repères mouvants. Les paroles aussi comme le jeu main sur main dans la classe un mot rattrape l’autre puis un autre forme une phrase que je note pour plus tard. Plus tard ils vont lire “avec les lettres attachées”.
                                                                                                                         Muriel Modr


Petite Archéologie contemporaine réalisé par Muriel Modr est édité par La courte échelle/éditions transit  4 rue Barbaroux 13001 Marseeille
transit.courtechel@free.fr

ISBN 978-2-917270-00-4                                                       10 € (port gratuit)
par La courte échelle/éditions transit publié dans : Dernières parutions
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Mardi 3 avril 2007

D'un seuil à l'autre [Perspective sur une chambre avec ses habitants]












7 € (port gratuit)
ISBN 2-9519346-9-6



D'un seuil à l'autre [Perspective sur une chambre avec ses habitants] est un projet de Dalila Mahdjoub [conception du premier projet] et Martine Derain [second projet et publication]**, qui propose un «agencement» de regards et de formes autour de la construction d'une résidence sociale Sonacotra à Belsunce, au centre de la ville. Créée par l'Etat en 1956 et destinée à loger temporairement les travailleurs algériens, la Sonacotra - Société Nationale de Construction pour les Travailleurs Algériens - devenue Adoma en 2007, ouvre désormais ses portes, provisoirement toujours, à ceux qu'on appelle «les plus démunis».

D'un seuil à l'autre, c'est un temps de recherche, de multiples rencontres. Au tout début, avec Gilles Ascaride, sociologue et écrivain, auteur avec Salvatore Condro de Précarité à tous les étages, thèse sur les conditions de logement des travailleurs aujourd'hui retraités. Une lecture de l'un de ses textes alors inédit, Attention Centre-Ville* a eu lieu à la Compagnie, atelier d'artistes installé à Belsunce, et dans lequel ce projet a été initié en 2003. Remployant des fragments de sa thèse sous une forme comique, il pose des questions graves: «A qui appartient la ville ? la cité en général ? Certains peuvent-ils en disposer et pas d'autres? Y a-t-il des habitants illégitimes ?» Rencontre avec les membres du Copaf, Comité pour l'avenir des foyers, recherche des traces du passage des travailleurs à l'ATOM (Aide aux Travailleurs d'Outre-Mer) ou dans les archives de la Sonacotra, rencontres avec des vieux messieurs de Belsunce et les ouvriers pendant la construction de la résidence, présentations publiques du projet à la Compagnie... Enfin, très récemment, rencontre avec Grégoire Keussayan, photographe à Belsunce, qui depuis les années 50, a photographié les travailleurs vivant à Marseille. Nous avons ensemble alerté les Archives Municipales, des centaines de plans-films ont été acquis et seront préservés : des centaines de photographies précieuses, mises en scène par les travailleurs eux-mêmes, qui envoyaient ainsi de leurs nouvelles à leur famille restée au pays.

D'un seuil à l'autre, c'est une installation pérenne
: sur le seuil de la résidence, au     35 de la rue Francis de Pressensé - là où les hôtes souhaitent la bienvenue, où les choses     se renversent, dit un proverbe kabyle - nous avons enfoui deux portes de chambres du     premier foyer construit en France, le Parc à Argenteuil, deux portes enfouies mais qui affleurent à la surface. C'est une balise temporelle : une porte grande ouverte pour le travail, en 1956 - «La seule porte, c'était la France», dit un résident. Une porte se refermant, entr'ouverte, 1974, la suspension des autorisations de travail pour la main d'œuvre étrangère: «On ne met personne à la porte, mais on ne laisse plus la porte grande ouverte comme auparavant...», dira Monsieur Stoleru en 1977... Et comme en regard de cet enfouissement, c'est une publication, qui reprend les informations de l'unique registre de Parc : longues listes des numéros de chambres et des métiers de ceux qui, venus à 20 ans de M'Sila et de Sétif, de Ghardaïa ou d'Oujda, ont vécu quelques jours ou toute une vie entre les portes de ce «logement provisoire pour travailleurs provisoires». Histoires individuelles et histoire collective se croisent dans ces listes ici publiées comme une question à partager. Le Parc 2 - c'est le nom que nous avons proposé à la Sonacotra pour sa résidence - contient l'histoire de Parc, le premier foyer nous mène à la dernière résidence : une porte s'ouvre et c'est un logement provisoire encore, «une solution d'attente», cette fois pour des gens qui n'ont pas de travail et sans distinction d'origine. L'attente d'un chez-soi, qui seul permet d'être dans le monde en face des autres, l'attente d'une maison ? un coin du monde ? pour habiter la ville et la cité. Des maisons pour les chômeurs et les manœuvres et les ouvriers ? Attendre?

Martine Derain

Projet initié à la Compagnie, 19 rue Francis de Pressensé [dans le cadre d'un dispositif de la Direction de l'Architecture et du Patrimoine géré par HorsLesMurs] et portée par l'association commune, avec le soutien du FASILD et de la Drac-Paca [Identités, parcours & mémoire], de la Compagnie, de la Ville de Marseille et de la Politique de la Ville. La Sonacotra a accepté le projet et s'est engagée sur la vie de l'œuvre | 2003-2007

*Nous avons soutenu la publication de «Attention Centre-Ville» aux Editions L'Ecailler du Sud en mai 2005.
**Pour plus d'information sur le projet : http://www.documentsdartistes.org
Voir plus de photos

D'un seuil à l'autre [Perspective sur une chambre avec ses habitants] est publié par la courte échelle/éditions transit 4 rue Barbaroux 13001 Marseille

Pour se procurer ce livre :

par correspondance : La courte échelle 4 rue Barbaroux (contre un chèque de 7€)
Disponible à Marseille auprès de :

Librairie Histoire de l'œil 25, rue Fontange, 13006 Marseille
Librarie l'Ecailler 2 rue Barbaroux 13001 Marseille
Librairie Païdos 54 cours Julien 13006 Marseille
Librairie Regards, centre de la Vieille Charité 13002 Marseille
Monnaie de singe 46 rue Consolat 13001 Marseille



par La courte échelle/éditions transit publié dans : Dernières parutions
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Jeudi 30 novembre 2006
Sembene Ousmane a séjourné à Marseille de 1948 à 1960. Il y a été notamment docker, militant de la CGT et du Parti communiste. Il y a écrit son premier roman Le docker noir.
Deux rencontres l’une dans le cadre de “Lire en fête à Marseille” le 14 octobre 2006 et l’autre le 25 novembre 2006 à la BMVR Alcazar de Marseille ont évoqué cette importante période de sa vie.
Ce document présentent quelques éléments disponibles rassemblés à cette occasion.
                                                                         Alain  Castan


Samba Gadjigo qui est sur le point de publier une biographie  de Sembene Ousmane dit dans un interview récent au journal sénégalais Le Soleil  que les 12 ans passés à Marseille constituent la période décisive de sa vie.
En effet, que ce séjour à Marseille de Sembene Ousmane est doublement important. Important pour la connaissance l’œuvre de Sembene Ousmane et la compréhension de son évolution. Il va à partir de là, choisir sa voie vers la littérature et surtout le cinéma, important pour Marseille et son histoire car rares sont les œuvres, en dehors de celle, cinématographique, de Paul Carpita,  qui témoignent de cette période du mouvement ouvrier, de la vie et des luttes du port et des docks en particulier. Encore plus rares sont celles qui abordent la vie quotidienne misérable des travailleurs coloniaux dans notre ville en ces années d’après guerre, en pleine période d’essort des  révoltes anticoloniales.
Sembene Ousmane est né, dans une famille de pêcheur, en janvier 1923  à Ziguinchor en Casamance à 600 Km de Dakar, province rebelle, tout autant tournée vers la Guinée Bissau (alors portugaise) que vers le SénégaL
Envoyé à Dakar il va l’école primaire jusqu’à l’année du certificat d’étude où il est exclu, à l’âge 13 ans,  à la suite d’une altercation  avec le directeur.
Retour en Casamance, il est confié  à un oncle qui va avoir sur lui  une grande influence intellectuelle. Après sa mort il exerce à Dakar à nouveau divers métier, mécano, maçon, il suit les cours du soir, dévore du cinéma, et observe l’activité syndicale qui se développe au début des années 40.
En 1942 à 19 ans, il est mobilisé au 6° régiment d’artillerie coloniale et participe aux campagnes du Niger, du Tchad, d’Afrique du Nord, de France, il ira jusqu’à Baden Baden. C’est alors qu’il commence à prendre conscience du phénomène colonial.
Démobilisé en 1946, il assiste et participe au soutien à la grande grève des cheminots qui sera quelques années plus tard l’objet des Bouts de bois de Dieu. Il est le témoin de toute une série de mouvements qui vont ébranler l’appareil colonial.
A 25 ans en 1948, il s’embarque clandestinement sur le Hoggar, passe par Marseille, arrive à Paris, travaille 3 mois chez Citroën puis retour à Marseille où il travaille d’abord à CODER, suit quelques temps l’école de formation de fondeur qu’il doit quitter rapidement pour des problèmes de vue.
En 1949 il est embauché comme docker. Vite remarqué par la CGT, dont il devient membre du Conseil syndical des Ports et Docks, il participe à toutes les luttes, notamment contre les guerres de Corée et d’Indochine, il organise les marins et travailleurs africains, mais aussi les étudiants de la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (FEANF). Il adhère au Parti communiste en 1950, il y prend des responsabilités et suit les écoles du Parti.
Il en  restera membre jusqu’en 1960.
Il participe également aux activités du MRAP.
En 1958 il crée la section de Marseille du Parti africain de l’indépendance essentiellement avec des dockers et des étudiants, puis en 1959 une section du Mouvement de Libération de la Guinée portugaise et du Cap Vert.
Ces dix années passées à Marseille ne sont pas des années ordinaires.
Lorsque le jeune clandestin débarque c’est une période d’intense activité militante syndicale, politique et intellectuelle. C’est juste après les grandes grèves de 1947 que le ministre de l’intérieur le socialiste Jules Moch a qualifié d’insurrectionnelles et sévèrement réprimées. C’est l’époque des actions des dockers contre l’envoi du corps expéditionnaire français en Corée , contre la guerre d’Indochine, celle d’Henri Martin cet ouvrier de l’arsenal de Toulon accusé d’avoir saboté du matériel de guerre, de l’installation en Europe de l’Etat major de l’OTAN où les murs de Marseille sont couverts de US Go Home et de Ridgway la peste1 . En 1955 et 1956 c’est le mouvement des rappelés qui refusent d’embarquer pour l’Algérie. L’année 1956, année terrible, débute par la victoire du Front républicain aux élections législatives, espoir de paix vite déçu. Guy Mollet, Président du Conseil, cède devant les ultras de l’Algérie française. C’est le vote des pleins pouvoirs à son gouvernement par toute la gauche, y compris le Parti communiste, qui  précipitent l’intensification de la guerre, l’envoie du contingent en Algérie, la généralisation de la torture. L’année se termine par l’intervention militaire de l’URSS en Hongrie et l’expédition d’Israël, de la France et de la grande bretagne sur le Canal de Suez.
Deux ans plus tard c’est le coup de force du 13 mai 58 et le retour de De Gaulle au pouvoir.
Au Parti communiste et au travers de ces luttes Sembene Ousmane rencontre les intellectuels proches du Parti qu’ils en soient membres ou non.
Sur le Cours d’Estiennes d’Orves et dans le quartier, il y a le siège de la Marseillaise qui s’y trouve toujours, la fédération du Parti, rue Haxo, la librairie de la Renaissance, l’Université Nouvelle, les Cahiers du Sud, l’Action poétique, le Théâtre Quotidien de Marseille .
Sembene Ousmane  découvre la littérature négro-africaine et l’œuvre de Claude Mackay, d’origine jamaïcaine, lui aussi docker sur le port de Marseille, auteur de Banjo2. 
A partir de 1952 il commence à rassembler la matière de son premier roman le Docker noir3 dédié à sa mère. Le docker noir c’est  Diaw Falla,  qui, malgré la misère et la fatigue, dans ses heures de répit écrit un roman.  Publié en 1956 à compte d’auteur par les Editions Debresse.
Ce livre, certainement l’un des plus importants de l’œuvre de Sembene Ousmane non seulement pour connaître l’état d’esprit dans lequel se trouve le travailleur, militant révolté, en pleine période d’effervescence anticolonialiste, mais aussi pour connaître cette vie quotidienne autour du port, celle des travailleurs coloniaux en particulier, ces cafés et ces hôtels de Belsunce où ils se retrouvent
En même temps il écrit des textes poétiques publiés dans les premiers numéros de l’Action poétique : Libertés en 1956, Kothj-Barma en 1958, Communauté4 en 1959 dans le n°5 de la nouvelle série.
En 1957, son deuxième livre , O Pays mon beau peuple parait aux Editions Amiot Dumont5.
En 1960 Les Bouts de bois de Dieu6 aux Editions du Livre contemporain et rapidement en livre de poche , en 1961 Voltaïque7 recueil de nouvelles, dont l’une d’entre elles, Chaïba, a encore pour cadre à Marseille. Nouvelle oh combien significative de la pensée de Sembene Ousmane, de son désespoir et de sa révolte.
En 1960 il quitte Marseille.
Auparavant il a visité de nombreux pays d’Europe dont l’URSS en 57, puis la Chine et le Vietnam du Nord en 58.
En 1960 année de l’Indépendance du Sénégal ou plutôt de la Fédération du Mali regroupant le Mali actuel et le Sénégal, il retourne en Afrique dont il a été absent 12 ans, visite plusieurs pays nouvellement indépendants et participe à l’organisation du PAI au Sénégal.
En septembre 61 le ministère de la coopération signale le “ retour à Marseille de ce militant activiste, après deux ans passés au Sénégal vraisemblablement  sur ordre du PAI”.
Mais il n’est que de passage.
Au cours de ces déplacements il a pris conscience du peu d’influence de la littérature africaine. Désireux de se faire entendre par le plus grand nombre, Sembene Ousmane, choisit alors de s'exprimer à travers le cinéma. De retour à Paris,  après avoir consulté André Bazin et Georges Sadoul, il part étudier le cinéma en URSS. En 1963, il signe son premier court métrage, Borom Sarret, qui décrit le quotidien d'un charretier à Dakar. Il passe au long métrage trois ans plus tard avec La Noire de..., l'histoire d'une domestique noire maltraitée par ses patrons blancs. Couronné par le Prix Jean-Vigo, ce film est le tout premier long métrage produit et réalisé en Afrique noire8.
En 12 ans le clandestin du Hoggar, le docker devenu syndicaliste et militant communiste est devenu le grand écrivain et grand cinéaste qui a ouvert la voie à tous les cinéastes africains, mais il est resté l’homme révolté, ennemi résolue de toutes les formes d’obscurantisme et d’oppression, l’ardent défenseur de la femme africaine.

revu et corrigé le 04/01/2007

Notes

1. Matthew Bunker Ridgway (1895-1993) général américain. Le 11 avril 1951, il remplace le général MacArthur comme commandant en chef des forces des Nations unies durant la guerre de Corée. Il succède à Eisenhower, en 1952, comme commandant suprême des Forces alliées de l'OTAN. Le 28 mai 1952, sa venue à Paris provoquera une manifestation violente de protestations.
2. Publié en 1928 et réédité en 1999 par les éditions André Dimanche.
3. republié au moins à deux reprises par Présence africaine, actuellement épuisé devrait être réédité en 2007.
4. disponible à la Bibliothèque du CIPM. Centre de la Vieille Charité.
5. republié par Presses Pocket
6. idem
7  disponible chez Présence Africaine
8. La plupart des films de Sembene se trouvent un coffret de 6 DVD édité par La Médiathèque des trois mondes 63 bis rue du Cardinal Lemoine. 75005 Paris.
www.cine3mondes.com

Sources :
Sembene Ousmane. Le Docker noir. Editions Debresse. 1956
Sembene Ousmane. Voltaïque.Présence Africaine. 1961
Paulin Soumanou Vieyra ;  Sembene Ousmane, cinéaste.  Présence africiane.1972
Brigitte Bertoncelleo, SylvieBredeloup A la recherche du docker noir in Dockers de la Méditerranée à la Merdu Nord. Edisud. 1999
Interview de Sembene Ousmane  à l’Humanité 15 avril 2004
 http://www.humanite.presse.fr/journal/2004-05-15/2004-05-15-393759
Interview  de Samba Gadjigo. Le Soleil.
http://www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=18251


par Alain Castan publié dans : Dernières parutions
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Jeudi 28 septembre 2006
L’auteur de 18 poèmes est née au Koweït il y a 38 ans et y a             grandi. Son itinéraire d’exil est celui de nombreuses familles palestiniennes chassées de Palestine depuis 1948. Des vies successives dans divers pays. Des valises toujours prêtes. Pour ce qui la concerne les valises se sont posées, un temps, après plusieurs pays, aux Etats Unis, à Phoenix, en Arizona.
Devenue administratrice d’une école de 3ème cycle en management international, l’insatisfaction l’a bientôt gagnée. Après le début de la seconde Intifada, fin 2000, la jeune femme s’est sentie, explique t-elle "comme quelqu’un dont les roues s’en allaient. Je ne m’accomplissais plus dans mon travail et je ne supportais plus l’ignorance qui ronge les Etats Unis". Si bien qu’en août 2001, elle quitte son emploi et se met à écrire poème après poème.
Même si elle avait déjà publié plusieurs articles sur la Palestine dans le quotidien "The Arizona Republic", écrire de la poésie était un nouveau territoire.

"Je pense que la poésie m’a choisie. J’ai commencé par écrire "Behind the Crosshairs" (Derrière la Ligne de Mire), qui s’adresse au soldat israélien" :

Si je pouvais aller dans votre tête, je pense que j’implorerais.
Je vous implorerais d’arrêter. Assez maintenant.
Donnez à mon peuple une chance de vie.
Donnez-lui la liberté pour laquelle vous vous êtes battus si dur.
Comprenez qui il est et ce qu’il est devenu.

"Mais j’ai senti que j’avais encore à dire et j’ai continué. Je ne réalisais pas vraiment que j’étais en train d’écrire de la poésie; je cherchais juste à me libérer de mon angoisse".

Ainsi est né un livre de poésie ("Branded : The Poetry of a So-Called Terrorist"), publié début 2004 par un petit éditeur, Hats Off Books, à Tucson, Arizona dont sont extraits les 18 poèmes traduits pour la courte échelle/ éditions transit par Gérard Jugant.
Aujourd’hui Rana El-Khatib vit au Liban où elle poursuit son travail d’écriture et collabore à divers organes de presse.


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Jeudi 6 avril 2006

Dépliant comprenant 7 dessins d’enfants et 4 photos et 1 texte  sur l’atelier tenu à Bil’in le 23 février 2006


"Bil’in est un  petit  village palestinien  près  de Ramallah où vivent 1700 habitants. L’état d’Israël élève un mur de séparation sur la terre palestinienne qui ne l ’épargne pas.
Le 23 février 2006,  jeudi, sortie de classe,  il fait beau,  il y a une très belle lumière sur  la colline et nous décidons avec un petit groupe d’enfants d’improviser un atelier dessin dans la nature. Nous rejoignons une cabane entourée d’oliviers  pour nous installer à l’ombre et faire des esquisses. Pour quelques mètres nous avons franchi la partie annexée par l’armée.  Alors que nous commençions à choisir des motifs,  les enfants ont brusquement changé  de descriptions à la vue de la jeep militaire qui nous a rejoint,  stationnant  à quelques mètres pour surveiller notre atelier.
Les 21 et 22 février 2006 le comité populaire de Bil’in organisait une conférence internationale pour dénoncer l’impossibilité de continuer à vivre la construction du mur et l’occupation et faire connaître ses méthodes de résistance non violente avec l’aide d’internationaux et pacifistes israéliens."

Prix 1 € (+ port 0,53 )

 

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