Dimanche 4 novembre 2007
couverture.jpgUn livre édité par les Editions Le Fennec, Collection Poche Patrimoine | 2006
7 €


Le parc de l’Hermitage, à la périphérie du centre-ville de Casablanca, est un petit territoire : 18 hectares, propriété de la Ville, l’un des rares espaces verts de la capitale économique du Maroc, qui compte plus de 5 millions d’habitants.
Il jouxte les quartiers populaires de Nouvelle Medina, Derb Foqara ou El-Miter Bouchentouf, haut lieu de la résistance contre les Français et contre le régime de Hassan II. Créé sous le protectorat français, abandonné et devenu décharge publique, le parc est depuis quelques années un objet de passions : des citoyens, des artistes, des hommes politiques se sont mobilisés. Ils ont lancé un processus de restauration, qui s’inscrit dans le cadre plus général de la réhabilitation du patrimoine casablancais et de ce qu’il est convenu d’appeler l’émergence de la société civile au Maroc.
Le récit commence en 1999, lorsque des citoyens associés à des artistes attirent le regard des autorités : Abdellah Zaâzâa de l’Association El Miter Bouchentouf pour le Développement Social et Eymeric Bernard, cinéaste, produisent des petits films documentaires et organisent des projections dans le parc et dans le quartier. En 2002, la Source du Lion, association d’artistes plasticiens, conçoit une intervention : la construction collective d’une maquette du parc au 100ème, 18 m2, l’Hermitage dans son état réel, une maquette comme un constat. Exposée à la Villa des Arts en mai 2003, l’un des seuls lieux d’art contemporain de la ville, elle sera selon le souhait de ses auteurs, un élément déclencheur de la réhabilitation : c’est le jour du vernissage que M. M’Hamed Dryef, wali du Grand Casablanca, déclarera publiquement ouvert le chantier réel du parc. Deux semaines plus tard, les milliers de tonnes d’ordures seront évacuées. Pendant les deux années qui suivirent, les interventions des artistes, l’attention des responsables politiques et le soutien des habitants du quartier ont donné lieu à une expérience singulière, où ont été mises en forme des modalités d’actions et d’interactions qui ne peuvent être que d’ici, où l’on préserve l’existant, où l’on s’appuie sur les savoir-faire et les possibles… J’ai choisi d’arrêter mon récit à la veille de la réhabilitation «lourde» du parc, alors qu’il est redevenu un espace dédié «au plaisir des yeux et des oreilles», définitivement à l’abri de l’abandon comme de la spéculation immobilière. La Fondation Mohamed VI pour l’environnement a décidé de missionner un atelier de paysagistes et c’est une autre aventure qui a commencé.
Ce livre est né d’une invitation qui m’a été faite par la Source du Lion lors du workshop réunissant des artistes marocains et européens, organisé autour de l’exposition de la maquette. Chacun était invité à proposer une intervention. J’ai choisi de réaliser un livre de poche pour interroger et transmettre cette expérience — mais toutes les questions soulevées ici résonnent avec celles que je peux me poser dans mes propres interventions, qu’elles concernent la construction de récit ou la représentation d’un territoire… ou la vie tout simplement : que peut un individu ? Je travaille ici les matériaux que j’affectionne : paroles, informations, photographies, documents… J’ai choisi de porter attention au presque rien, aux petits gestes – mais qui ont tous été des éléments déclencheurs essentiels. Je fais la part belle aux images qui ne sont pas ou ne seront plus montrées, telles les photographies prises au cours du repérage nécessaire à la construction de la maquette. J’ai mis en forme ce récit collectif au cours de trois séjours d’écriture en décembre 2004, mai et juillet 2005, au cours desquels j’ai rencontré les acteurs du projet. Les Editions Le Fennec, Casablanca, ont accepté d’éditer mon livre : c’est le premier numéro de leur toute nouvelle collection Poche Patrimoine. Un petit format, bon marché, aujourd’hui diffusé aussi bien en centre-ville que dans les petites librairies de quartier, un petit livre que j’aimerais voir comme une invitation à la promenade sous les eucalyptus du parc… et à l’action ?

Martine Derain, novembre 2006
ce livre peut être commandé à La courte échelle / éditions transit
4 rue Barbaroux 13002 Marseille (port gratuit)
par La courte échelle/éditions transit publié dans : Lu
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Mardi 19 juin 2007
Le Baobab géant au milieu du fleuve s’est affaissé

Article Par Ousmane BADIANE, Professeur de lettres,

Paru le Vendredi 15 Juin 2007 sur http://www.lobservateur.sn/

Personnellement, je n’ai pas eu le bonheur de l’avoir connu ni même de l’avoir approché. Certaines personnes qui ont eu ce privilège disent de lui qu’il était un homme auprès de qui on ne s’ennuyait jamais, tant son expérience de la vie et des choses était immense. Le moins que l’on puisse dire, c’est que tous ceux qui sont allés à l’hôpital Principal, à la levée du corps, ou au cimetière musulman de Yoff, ce 11 juin 2007, garderont un souvenir inoubliable de la marée humaine indescriptible qui a tenu à l’accompagner à sa dernière demeure. S’il en est ainsi, c’est que Sembène Ousmane, de son vivant, était déjà une légende, et une figure emblématique de la littérature et du cinéma africains.

 Impossible de compter les Mémoires, les Etudes et les Thèses qui ont été consacrées à son œuvre traduite dans plusieurs langues et enseignée dans les programmes scolaires et académiques de plusieurs pays du monde et de la diaspora. A l’image de Senghor, Césaire, Cheikh Anta Diop et tant d’autres intellectuels de sa génération, l’homme Sembène est entré dans le panthéon de l’histoire de par son œuvre multidimensionnelle et d’une richesse prodigieuse, au service de la libération culturelle et politique de l’Afrique.  On ne sait même pas par quel bout commencer pour parler de cet homme « rebelle », qui avait une haute conscience de sa mission d’homme de culture et de pédagogue, pour faire prendre conscience aux Africains de l’impérieuse nécessité de se ceindre les reins, pour se soustraire aux pesanteurs de toutes sortes, afin de se hisser dans le firmament de ce qui fait la grandeur des hommes et des peuples, c’est dire les valeurs de progrès, de démocratie et de justice sociale. Et toute sa vie durant, Sembène Ousmane a fait de ce credo le sens profond de son combat qu’il n’a cessé de mener jusqu’à son dernier souffle. C’est là, assurément, pour les générations présentes et futures, des traits de lumière tracés dans les sillons profonds de la terre africaine, d’où germeront les graines de l’espoir et de la renaissance d’une Afrique longtemps reléguée au second plan dans le grand concert des nations. La richesse de l’œuvre de Sembène provient, d’une part, du fait qu’elle s’arc-boute sur le vécu quotidien de celui qui se considérait comme « l’homme au 12 métiers », pétri et forgé par une expérience prodigieuse qui lui a permis d’avoir été aux quatre coins du monde, d’avoir observé et écouté des gens de toutes sortes, appartenant à des contrées, des cultures et civilisations différentes. Mais la richesse de l’œuvre de Sembène provient également et surtout du fait que celle-ci fait corps avec les préoccupations et aspirations de son peuple dont il est partie intégrante et au service duquel il a entièrement consacré et son énergie et son intelligence.

 De son premier film Borom Sarrete (1963) au dernier Moolaadé (2003), en passant par la Noire de …… (1966), Xala (1974), le Camp de Thiaroye (1987), Guelewaar (1992), à son premier roman, Le docker noir (1956) à son dernier livre Niiwaan, suivi de Taaw (1987), en passant par les Bouts de bois de Dieu (1960), l’Harmattan (1964), le Mandat (1965), le Dernier de l’Empire (1981), entre autres ouvrages, Sembène Ousmane s’est servi toute sa vie durant, de sa plume comme de sa caméra, comme d’un levier essentiel pour combattre l’oppression, l’injustice, l’exploitation de l’homme par l’homme, mais aussi toutes les formes d’aliénation mentale et culturelle. Voilà ce qui fait l’importance et l’actualité de son œuvre tant littéraire et cinématographique. Et il ne fait l’ombre d’aucun doute que celle-ci continuera encore longtemps de scintiller dans le ciel de la littérature et du cinéma africains, en ce qu’elle constitue une oasis dans laquelle l’on ne cessera jamais de s’abreuver et de se rafraîchir.

Mais, ce serait considérablement limiter la portée de l’œuvre de Sembène, si on devait la réduire uniquement à cela. Effectivement, l’auteur de Emitaï (1971) va bien au-delà de cela. Rien de ce qui est humain ne lui est étranger, et par delà l’Afrique et les Africains, cette œuvre s’adresse à tous les hommes en ce qu’elle aborde des problèmes relatifs à la « condition humaine », pour reprendre l’heureuse formule du célèbre écrivain français André Malraux. C’est cela qui fait sa dimension authentiquement universelle et sa signification profondément humaine. Plus qu’un reflet des préoccupations de sa société et de son temps, l’œuvre de Sembène apparaît incontestablement comme un miroir de notre époque et de ses contradictions, de ses interrogations comme de ses angoisses, mais aussi de son espérance et de sa foi en l’être humain. Voilà sans doute ce qui fait que Sembène peut être considéré à juste titre comme citoyen du monde et comme bâtisseur d’une Afrique unie, solidaire et résolument engagée dans le chemin de la démocratisation et du progrès socio-économique.

 Mais le succès de Sembène Ousmane ne réside pas uniquement dans le fait qu’il est homme engagé. Il est certes engagé sans aucun doute, mais cet engagement est servi par une maîtrise parfaite des procédés techniques et artistiques qui donne à l’art toute sa signification. Et toute sa production littéraire et cinématographique prouve que Sembène a toujours été soucieux de ce qu’il a à dire, mais aussi et plus fondamentalement, il accordait la plus haute importance à la manière de dire ce qu’il avait à dire. Et tous ceux qui ont eu à collaborer avec lui, dans le cadre de sa production cinématographique, ont évoqué la rigueur avec laquelle il travaillait, accordant la plus haute importance à la dimension esthétique de son œuvre. Exigeant, il l’était avec ses collaborateurs, mais aussi et surtout avec lui-même. Et dans cette perspective, on peut affirmer sans risque de se tromper que l’œuvre de Sembène Ousmane restera à jamais dans les annales de l’histoire de la culture africaine, car comme tout le monde le reconnaît, ce digne fils lébou est un authentique et éminent éveilleur de consciences et un monument de la culture africaine.

 Sembène Ousmane a été à la fois acteur et témoin de son époque. De son œuvre littéraire comme cinématographique, nous pouvons tirer trois leçons majeures qui constituent des repères pour la jeune génération en quête des valeurs susceptibles de l’orienter dans le chemin de la persévérance dans l’effort, de l’abnégation, et de la volonté de surmonter les écueils qui se dressent sur la route du développement de l’Afrique.

 La première leçon est une leçon de courage politique et d’engagement citoyen. Que d’obstacles et d’épreuves l’auteur des Bouts de bois de dieu (1960) n’a-t-il pas surmontés dans son combat contre le colonialisme, le néo-colonialisme, et toutes les formes d’oppression et d’exploitation de l’homme par l’homme. Sembène a contribué au combat pour l’émergence d’un leadership africain au service de la libération culturelle et du développement durable de l’Afrique. La deuxième leçon est une leçon d’humanisme, en ce qu’elle vise à magnifier les valeurs positives qui permettent à l’homme de se réconcilier avec lui-même et avec sa société. Malgré les nombreuses distinctions et décorations qui lui ont été décernées à travers le monde, Sembène est toujours resté égal à lui-même, humble et confiant au devenir de l’Afrique. Dans un entretien accordé au journaliste Burkinabé Yacouba Traoré, en marge du tournage de son dernier film Moolaadé (2003), Sembène Ousmane, disait : « c’est à nous de créer nos valeurs, de les reconnaître, de les transporter à travers le monde, mais nous sommes notre propre soleil » (le Quotidien, du lundi 11 juin 2007). Voilà qui renseigne bien sur cet homme anti-conformiste, qui avait horreur qu’on l’enfermât dans des formules qui aliènent son indépendance de pensée et d’action. Sembène a toujours cru à l’Afrique, à son potentiel et à son devenir.

 Enfin, la troisième et dernière leçon que Sembène nous a administrée, c’est celle de la générosité et du partage. Et dans une confidence avec le journaliste Baba Diop, le 06 décembre 2006 à Dakar, au sujet de son film Almamy Samory Touré, sur lequel il avait travaillé des années durant et qui devait constituer la dernière production dans sa carrière cinématographique, le doyen du cinéma Africain a déclaré : « Il ne faut pas se laisser brider par les choses. Je ne veux pas me laisser brider. Le scénario existe avec toutes les indications dessus. Tout le monde le sait. Si je ne le fais pas quelqu’un d’autre le fera. Pourquoi veux-tu que ce soit moi ?. Moi, moi, moi cela ne mène qu’à la dictature » (Sud quotidien du lundi 11 juin 2007).

 Ainsi, à la lumière de ces propos qui illustrent de façon saisissante l’esprit de générosité et de partage qui on toujours habité le père fondateur du FESPACO, on peut dire que l’œuvre littéraire comme cinématographique de Sembène est gravé à jamais dans les pages des annales de l’histoire Africaine et universelle.


par Ousmane BADIANE, publié dans : Lu
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Dimanche 17 décembre 2006


POUR LES COMMANDES DE
THEWE MEN JILA.
LA MONNAIE KANAK
DE NOUVELLE-CALEDONIE,
S’ADRESSER A

MADAME CATHIE MANNE
BOOK’IN DISTRIBUTION
BP 4176
98846
NOUMEA
NOUVELLE-CALEDONIE
Le livre oeut-être égaalement commandé par internet sur le site de Book'in
16,76 €  HT
TEL (687) 78 16 50
FAX (687) 28 38 03
EMAIL : bookin@canl.nc
SITE : www.pacific-bookin.com

Le livre de format 14x23 cm pèse 403 grammes et est fabriqué tout en quadrichromie. Le code ISBN est 9 782951 937154
par Editions Expressions publié dans : Lu
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Mercredi 5 juillet 2006
Articles publiés dans  le n° 1261 de la revue Hommes et migrations (mai-juin 2006) (www.hommes-et-migrations)
18 pèmes de Rana El-khatib peut être commandé à

La courte échelle / éditions transit  4 rue Barbaroux 13001 Marseille
8 € (port compris)

ou  auprès de votre libraire ISBN 2-9519346-4-5
http://courtechel.transit.over-blog.com/article-513148.html

par M.H. (Revue Hommes et Migrations) publié dans : Lu
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Mardi 3 janvier 2006
Nadeen berce son dossier. Elle le pose doucement sur la table, en sort quatre livres, un calepin, un crayon et quelque chose qui ressemble à un passeport. Ce ‘passeport ‘ dit-elle, contient la liste des livres qu’elle a déjà lus.


ll prend plaisir à tenir les livres, à les retourner dans ses mains et à montrer les caractères.

Nadeen Hawareen, sept ans, de Ramallah est une parmi les milliers d’enfants palestiniens à qui l’Institut Tamer [1] a offert des leçons, des livres et des activités. Elle a appris à utiliser les livres pour éveiller son imagination. Elle peut peindre ce qui se passe dans ses livres ou en jouer des scènes avec ses amis.

Tamer a été fondé en 1989 lors de la première Intifada, quand les enfants palestiniens avaient besoin d’éducation malgré les fermetures des écoles et les couvre-feux. L’armée israélienne, surprise par les protestations palestiniennes, avait pris des mesures brutales pour reprendre le contrôle, brisant les os des lanceurs de pierres et fermant des zones palestiniennes.

Jehan Helou, la directrice de l’institut, a dit : « Les communautés locales et la société civile ont cherché à trouver des moyens pour compenser les fermetures d’écoles et assurer qu’une génération ne grandirait pas illettrée. L’institut a essayé d’être informel en contraste avec le style traditionnel dans les écoles et ainsi à encourager la recherche de la connaissance à travers la lecture, l’écriture créatrice, le théâtre et l’art ».

Tamer est le mot arabe pour les dattes, le fruit des palmiers, source principale de nourriture dans le désert inhospitalier.

Une partie du travail de Tamer est la distribution de livres à 73 librairies à Gaza et en Cisjordanie. Ceci inclut des milliers de livres en anglais fournis par « Book Aid International » [2].

Tamer traduit aussi des livres pour enfants d’arabe en anglais et publie des livres illustrés par les enfants et les professeurs de l’Institut. Tout en donnant des leçons, Tamar encourage les enfants à mettre en place leurs propres groupes de lecture.

Dans une librairie de Ramallah, un jeune garçon lit tranquillement. Dans une autre section, cinq filles et un garçon discutent du travail de l’écrivain palestinien Khalil Gibran tout en mangeant des pâtisseries. Ils ont décidé de ce qu’ils veulent lire et quand se rencontrer. Tamer offre les livres et le forum.

Bassima Takrovi (24 ans) a visité pour la première fois l’Institut il y a dix ans et est maintenant devenue une monitrice rémunérée. Pour elle, les groupes de lecture à Tamar ont été une inspiration majeure. « Nous lisions chaque livre que nous pouvions puis nous en discutions. On pouvait reconnaître les personnes qui étaient passées par ce processus parce qu’elles étaient très éloquentes et ressortaient de la masse » raconte-t-elle.

Elle essaye de faire passer cet enthousiasme à la génération présente des enfants, dont certains ont perdu des membres de leurs familles du fait de la violence et de la prison. Elle a enseigné pendant quatre années l’écriture créative et le théâtre à Ramallah et dans les villages avoisinants.

« Beaucoup d’enfants dans les classes ont des pères en prison et cela crée un conflit entre le fait d’être présent en classe ou d’aller leur rendre visite en prison, ce qui les bouleverse beaucoup » dit-elle.

« Nous essayons de les aider à comprendre qu’éventuellement leurs pères seront libérés et que c’est bien aussi qu’ils se concentrer sur eux-mêmes. Maintenant beaucoup d’entre eux écrivent à leurs pères en prison ».

Il y a beaucoup de défis à enseigner en Cisjordanie.

"Certaines filles viennent de familles traditionnelles et ne sont pas encouragées à exprimer d’autres sentiments que la satisfaction et elles ont tendance à afficher sur leurs visages un sourire figé", dit Mme Takrovi.

D’autres enfants ont été traumatisés par la violence et les arrestations et ont des difficultés à apprendre. Mme Helou, la directrice, dit que les ateliers de Tamer sont conçus pour soulager leur stress en même temps que de leur apporter une éducation. « C’est le soulagement du stress qui les aide à dépasser leur réalité de chaque jour et qui les emmène dans un mode imaginaire et culturel » dit-elle.

Mme Takrovi dit que l’essence de son enseignement n’était pas de faire que les enfants ignorent ce qui se passait autour d’eux mais de remettre les événements dans leur contexte correct.

« Quand des enfants voient les nouvelles à la télévision disant que la situation est très mauvaise et que la vision des soldats et des check-points confirment que tout va mal, la dernière chose dont ils ont besoin c’est d’un professeur qui leur dit la même chose » dit-elle.

« Nous essayons de leur apporter une autre façon de voir les choses. Par exemple, si vous regardez par la fenêtre, oui, il y a un soldat mais il y a aussi un arbre et une colline. Si vous vous concentrez sur le soldat, vous aurez peut-être l’envie de lancer une pierre ce qui ne va pas rendre les choses plus faciles. Mais si vous vous concentrez sur l’arbre, cela peut vous amener à penser à planter un autre arbre ».

Nawras Kurzom (13 ans) de Jérusalem, dit que les choses qu’il a apprises lui ont apporté une nouvelle façon de voir la vie en Cisjordanie. « La lecture vous donne une autre perspective sur ce qu’on voit chaque jour. Cela vous aide à mieux comprendre. Quand les Israéliens ont commencé à construire leur Mur, j’ai commencé à réaliser que malgré le fait qu’ils peuvent nous piéger physiquement, nous esprits sont toujours libres ».

« J’aime les romans, la poésie et les histoires de détectives en anglais et en arabe. Mes écrivains préférés sont Hanna Mina et Ghassan Kanafi en arabe et Agatha Christie ».

Tamer espère continuer à jouer un rôle majeur au sein de la société palestinienne. Mme Helou a ajouté : « Nous avons des moyens limités mais nous pouvons aider les enfants à mieux lire et à mieux penser. Les livres sont pour nous l’instrument principal de libération ».

[1] Tamer Institut : http://www.tamerinst.org

[2] Pour plus d’informations : www.bookaid.org

Vous pouvez aussi participer à l’appel de l’Observer/ Guardian : http://observer.guardian.co.uk/bookaid

Conal Urquhart, 11 décembre 2005, Guardian Unlimited : http://www.guardian.co.uk/israel/Story/0,2763,1664737,00.html

traduction : Ana Cleja

La courte échelle. éditions transit publieront prochainement  Journal sous occupation de Bassima Takrouri - Editions de L'Institut Tamer- traduit de l'arabe par Lotfi Nia

par « Nous sommes piégés...mais les livres nous ouvrent l’esprit » publié dans : Lu
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